Prologue

Prologue
POV Bill

J'essuie encore une fois une larme qui vient de perler à mon oeil. Je suis debout devant la glace. Celle-ci me renvoie le reflet d'une personne aux yeux rougis et cernés, l'air malade. Je ne sais pas si je pourrai aller là-bas mais ne pas y aller serait tout aussi pire. Le complet dont je suis accoutré me rend les choses encore plus fatales, inacceptables. J'ai quand même pris la peine de remonter mes cheveux, je sens que c'est ce qu'il aurait voulu. Un sanglot me secoue brusquement et les larmes reviennet de nouveau embrouiller ma vision. Repenser à lui ne fait qu'augmenter ma douleur et ma peine. Comment pourrai-je un jour oublier, laisser tout cicatriser? Perdre son âme-soeur, c'est littéralement perdre une partie de soi. C'est comme si j'aurais un grand trou béant dans mon âme et dans mon coeur. Un trou des plus sombres qui soit. Je partageais tout avec lui, les mêmes amis, les mêmes parents,le même corps, la même vie. Et sourtout, le même amour. Souvent j'ai eu l'impression d'être roué de coups par la vie, mais elle n'avait jamais frappé aussi fort. Elle m'a jeté par terre. Je ne sais pas si un jour j'aurai l'immense force qu'il me faudrait pour me relever. Elle a plantée une longue épée dans mon coeur et je devrai apprendre à vivre avec. Réapprendre à vivre, plutôt. Apprendre à vivre sans lui. Pour passer à travers d'une telle épreuve, j'aurais eu besoin d'une seule personne, celle qui manque à ma vie aujourd'hui. J'aurais besoin qu'il me tende sa main, que je puisse m'accrocher à lui, qu'il soit ma bouée. Je sens de bras m'entourer. C'est ma mère, son visage est aussi meurtri que le mien. Je sais qu'elle aussi est affectée, elle a perdu son fils. Jamais elle ne pourra être aussi abattu que moi.

Mère: Il faut y aller, mon chéri.

Ma vision s'embrume de nouveau. Je ne voulais pas pleurer devant ma mère. Je ne voulais pas lui montrer mes faiblesses, mais pourtant, c'est plus fort que moi. Une larme roule de nouveau sur ma joue et atterie sur mon chandail. Je me retourne dos à ma mère, cette larme provoquerait les siennes.

Moi: J'arrive.

On sort tout les deux de la maison. Il pleut dehors, comme dans mon âme. Plus petit, j'aimais croire que lorsqu'il pleuvait, c'était Dieu qu'il pleurait. Aujourd'hui, j'ai la certitude que c'est faux puisque le plus bel ange de la terre vient de le rejoindre au paradis. Il devrait se réjouir. J'embarque à l'arrière de la voiture. Ma mère et mon père embarque devant. Ils démarrent et je sens mon coeur se nouer. Il saigne. Je hais les voitures, c'est elles qui m'ont arraché mon amour. Je regarde les goutellettes d'eau qui ruissellent sur la fenêtre de la portière. Je sens le regard de ma mère sa poser sur moi par le rétroviseur. Elle espère obtenir ne serait-ce qu'une vague esquisse de sourire mais elle sait pertinament qu'elle n'aura rien. Mon visage demeure figé dans la tristesse depuis qu'il m'a quitté. Les maisons défilent sous mon regard voilé. Je vois la bâtisse que je redoutais se former lentement. Je baisse les yeux, ma douleur s'intensifie. L'automobile se gare et mes parents en descendent. Voyant que je n'allais pas sortir de moi même, mon père m'ouvre la portière. J'hésite, je ne me sens pas prêt.
# Posté le dimanche 13 avril 2008 20:20

Chapitre 1 - partie 1

Chapitre 1 - partie 1


Chapitre 1 - partie 1

POV Bill

Je finis par poser doucement un pied à terre, comme si le sol allait s'effondrer et m'aspirer au plus profond de ses entrailles d'une seconde à l'autre. J'entreprends ensuite une démarche chancelante, mal assurée. Ma tête tourne, des souvenirs se tissent un à un devant mes yeux. Je préfère les ignorer cette fois-ci. Je ne suis pas prêt. Mais, le serai-je un jour? J'entends ma mère qui parle à mon père derrière moi.

Mère: Tu t'occupes des albums photos?

Ces albums, je pense qu'elle les a amenés pour que toute la famille puisse se rappeler mon jumeau traditionellement autour d'eux. Je m'apprête à revoir tous les membres de ma famille, même les plus éloignés, vêtus de noir. Noir, c'est la couleur que je ressens, la couleur de mon âme. Ces gens, j'aurais aimé les revoir dans d'autres circonstances mais, dans celles-ci, ils ne feront qu'alourdir mon coeur de tristesse en plus de celle qui m'est déjà incombée. Ma mère entre dans le salon funéraire, mine basse. Elle me fait un vague signe de la suivre. Je mets difficilement un pied à l'intérieur et, aussitôt, l'air me semble irrespirable, lourd. Une envie m'assaille: en ressortir immédiatement. Je la vaincs et poursuis mon chemin. Chaque pas que je fais est pour moi une victoire. Ma tête tourne de plus en plus. J'ai chaud et les larmes reviennent de nouveau obscurcir mes yeux. Je cligne quelques fois et repère une rangée de chaises. Je m'assois sur l'une d'entre elle et reprends ma respiration. Mon coeur bat dans ma poitrine et c'est la seule chose qui me prouve qu'il peut encore le faire. Je n'arrive pas à croire ce qui m'arrive, je ne peux pas le réaliser. L'espoir qu'il soit encore à mes côtés m'habite toujours. L'espoir, c'est la dernière chose à laquelle je peux m'accrocher. L'espoir...C'est la seule chose qui me dit qu'il est encore là malgré tout. Je regarde mes mains, moites, froides, tremblantes. Je les pose ensuite sur mes cuisses en essayant d'aborder un air naturel. Mais comment pourrai-je être naturel avec ce qui m'arrive? Est-ce dans la nature des humains de perdre l'être le plus aimé? Mon père arrive les bras chargés des albums photos. Il les met sur la chaise à côté de moi et rebrousse le chemin, me laissant à nouveau seul. Peut-être espère-t-il que je les regarde. Le coeur ne m'en dit pas. Je n'arrive pas à croire qu'au dehors, des gens poursuivent leur vie, leur routine pendant que mon monde chavire. Je jette un coup d'oeil circulaire autour de moi. Personne ne semble aussi abattu que moi. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la vie tue et la mort fait vivre. La vie tue parce que pour mourir, il faut avoir vécu. Et la mort fait vivre parce que les gens continuent leur vie en sachant bien qu'un jour elle leur sera fatale. Plus tôt, je pensais que j'aurais dut mourir à sa place mais, quand j'y repense, c'est bien comme c'est. Il disait m'aimer autant que moi je l'aimais et vu la peine que j'ai présentement, je préfère que ce soit moi qui le vive plutôt que lui. Savoir qu'il aurait vécu cette peine m'aurait empêcher de reposer en paix. Lui, repose-t-il en paix? Cette question bat à mes tempes et m'embrouille les yeux. Quelqu'un s'assit à mes côtéset tente d'entrer en contact avec moi. Je vois ses lèvres remuer mais aucun son ne m'atteint. Je me lève et je me dirige vers la sortie sous le regard interrogateur de cette personne. J'arrive dehors, il pleut encore autant. Je regarde le ciel et profite de la pluie qui ruiselle sur mon visage pour me changer les idées. J'avais bien besoin de prendre l'air. Sans penser plus, je commence à marcher, ignorant où cela va me mener. Je regarde mes pieds et le trottoir défile sous mes yeux, gris et monotone. Comme mon ancienne vie. Les seules couleurs, c'est lui qui les faisait. Noir, avec lui jamais je n'en voyais. Maintenant, c'est la seule couleur sous laquelle la vie m'apparaît. Je relève mon regard et je continue à avancer jusqu'à ce que j'arrive sur un pont routier où les voitures circulent abondamment. Je crois que la folie et la non-raison s'emparent de moi. Il n'y a que lui qui accapare mon esprit. Chaque moindre détail ne me fait que me rapporter à lui. Et si j'en finissais maintenant ? N'ai-je pas assez souffert? Il y a pourtant quelque chose qui me retient ici, que je dois terminer. Je recommence à marcher. Mes pas s'accèlerent et bientôt je cours. La pluie battante frappe mon visage. Je reviens au salon funéraire, je suis trempé et à bout de souffle. J'entre en trombe et je me dirige vers la chaise qui m'a précedemment accueillit. Je prends le plus vieil album et le pose sur mes genoux. Je risque de ne pas avoir le courage de l'ouvrir si j'attends quelques secondes de plus. Je rabats donc la page couverture aux coins légèrement cornus. Aussitôt, ces photos inoubliables ramènent doucement les vagues souvenirs embrouillés de ma première année de vie. La pluspart de ces souvenirs m'ont été maintes fois racontés par ma mère. La chronologie se fait et ma mémoire commence à me projeter le début du film de ma vie.





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Voilà pour le chapitre 1, la première partie. Laissez vos opinions et commentaires. Je vous préviens si vous laissez 3 comm's sur cette article. Question: aimeriez-vous que je me créez un msn et que je vous préviennent par mail?

1o0 c0mm's pour la suite.


Pix'



EDIT: Voilà j'ai créer un mail pour celles qui voudraient être prévenues, il n'y a qu'a m'ajouter.

lhistoire-dune-vie-yaoi@hotmail.com







# Posté le samedi 03 mai 2008 19:29
Modifié le dimanche 04 mai 2008 10:40

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